Les otaku, hikikomori...
Sur ce forum, une bonne partie d’entre nous, est un otaku / geek à un niveau plus ou moins élevé. Attention, être un otaku n’est pas négatif comme certains pourraient le croire, même si certaines personnes utilisent ce terme de façon péjoratif. C'est avant tout un mode de vie, une passion. Ce topic ne risque pas de vous apprendre grand-chose, et les points qui seront présentés ne s’appliquent pas forcement à tout le monde (je sais qu’il y a des points qui ne sont pas en rapport avec moi).
Les Otaku est un dérivé d’un terme japonais, qui désigne désormais un passionné. Au début, ce terme a été détourné par les fans d’animations, maintenant, cela peut comprendre d’autres formes de loisirs et de cultures, si cette passion est très ancrée dans la vie de cette personne.
On retrouvera des tendances similaires dans d’autres pays comme les USA, où l’on utilisera le terme de Geek (terme à la base pour le passionné d’informatique, mais qui sera dérivé par la suite pour d’autres loisirs). Un otaku n’est pas forcement un no life, et cette passion peut même ouvrir des perspectives de carrière, ou d’ouverture vers des groupes de personne (en général otaku). Le no life, sera plus désigné par l’hikikomori, un courant japonais de plus en plus fort (j’y reviendrai).
Toutefois pour d’autres otaku, cette passion peut aussi résulter d’un isolement social plus ou moins fort, accentué par une timidité très grande (la personne aura tendance soit à ne pas s’approcher des autres comme la politique de l’hérisson de Shinji Ikari dans Evangelion, ou au contraire, sera trop ouvert à parler énormément, et fera fuir les gens).
Bien sur, cette passion n’est pas la véritable raison de cet isolement, mais plutôt d’une échappatoire lié à des problèmes (familial, scolaire, ijime, couple, travail…) que la personne connaît ou qu'elle a connu dans le passé.
L’univers dans lequel tombe l’Otaku est une sorte de barrière à la réalité par le biais du rêve, l’imaginaire et de l’enfance. Même si attention, l’otaku n’est pas forcément une personne immature, et les produits qu’il regarde peuvent s’adresser à un public plus âgé.
On peut aussi dégager 2 autres tendances de l’otaku (l’otaku n’est pas forcement touché par les 2 phénomènes, mais le sera souvent).
- Le matérialisme : Effectivement, l’otaku sera un grand collectionneur, il aimera avoir tous les produits disponible sur le marché, et aura tendance à dépenser une bonne partie de son argent à s’acheter des goodies (manga, jeu, poster, figurine…). Ce matérialisme fera de lui une victime d’une société de consommation qui le poussera à acheter encore plus. Certains se ruinent totalement dans cette pratique et s’enfoncent de plus en plus dans les problèmes.
- Le fétichisme : L’otaku aura une tendance poussé au fétichisme, lié à des personnes précis bien souvent imaginaire, ou créé par la scène. Les personnages de manga, ou les idoles seront bien sur, en grande partie ses fantasmes. L’otaku est souvent célibataire, certains poussant l’extrême de ne pas aimer par dégouts les vrais femmes/hommes, et sera attiré par une icône. Pour certains, la fille réelle est considérée comme impure tandis qu’un personnage d’anime incarnera la perfection. Dernièrement, un japonais a demandé de pouvoir se marier avec l’un des personnages de orange road, un autre avec un perso de suzumiya. Ce phénomène s’est amplifié au point de voir le premier mariage non officiel, entre un otaku connu sous le pseudo SAL9000 et Nene Anegasaki (un personnage du dating sim Love Plus).

Voila notre couple composé de chair et de pixel
Ce fétichisme se matérialisme par le moé comme disent les otaku. Pour les gars, cela peut se rapporter à un comportement de la fille précis (tsundere, yandere, bunke…), à un uniforme (maid, cosplay, infirmière…), un rapport d’âge (lolicon, lycéenne, mature)… Ceux qui préfèrent les idoles se tourneront vers les chanteuses (Ayumi Hamasaki, Aya Hirano…), les actrices X (Maria Ozawa, Aoi Sora…) ou les cosplayeuses (Kipi,..). On retrouve dans l’anime de Suzumiya les codes principaux des fantasmes de la gente masculine.
Les filles seront quant à elle attiré par l’aspect androgyne de la gente masculine, ou un coté viril, mais pas trop prononcé, avec un brin de froideur (le coté mystérieux). On retrouve des codes un peu similaire au otaku masculin (code vestimentaire, âge, comportement…). A savoir que leur fantasme est souvent symbolisé par une classe un peu noble, chevaleresque, ou princière. On peut ici prendre l’exemple de l’image des personnages de Host Club.
Le manque de partenaire, et ce fétichisme pousse souvent l’otaku soit à un fanatisme amoureux, voire la pratique de la masturbation.
Attention, ce fétichisme virtuel ne s’applique pas forcement pour la réalité, comme je l’ai dit, certains n’aimeront pas le rapport charnel avec un autre individu, d’autres fantasmeront sur l’inaccessible, mais garderont les pieds sur terre, en ayant des attirances amoureuses ou sexuelles envers des individus qui les entours.
Toutefois, il y a des déviances malsaines de certains individus, ont donné une très très mauvaise image des otaku au Japon, et sont devenus victimes des médias.
On peut citer le cas de Miyazaki Tsutomu (rien à voir avec le gars de chez Ghibli), qui a violé et mangé des gamines dans les années 88/89. Un acte de barbarie qui a marqué le Japon étant peu habitué au meurtre. Sauf, que Miyazaki Tsutomu était un otaku possédant une grosse base de données d’images manga lolicon. Le parallèle otaku=pédophile, fut malheureusement rapidement fait. Les médias n’ayant pas arrangé les choses à l’époque.
D’autres otaku tombent amoureux, non pas d’une icône, mais de leur ordinateur. Cette image n’a pas rassuré les populations à cette époque.

Densha Otoko : Une belle histoire d'amour qui présente assez bien la situation des otaku. Par contre, le mystère du fait que si cette histoire est vrai ou non, plane toujours
Le Japon est un pays à part au niveau du sexe qui a connu bon nombre de critique occidental. Il s’agit de l’un des pays au monde qui connait le moins de rapport sexuel par couple, mais paradoxalement, il s’agit de l’une des industries pornographiques les plus actifs. Une société très contrasté où le taboo du sexe semble moins présent qu’en occident, avec des pratiques/réprésentations qui paraissent très space pour les occidentaux (parfois artistiques, parfois gore, parfois original, ou des tendances tout simplement interdite…). Bien que l’on trouve également des contrastes dans la pornographie occidentale, celle-ci reste plus tout de même plus discrète.
Certaines actrices pornographiques se sont taillées un nom dans cette industrie en exploitant leur physique à l’image de certains fantasmes.

A gauche : Les sœurs Airi et Meiri | A droite : Hitomi Tanaka
Hitomi Tanaka s’est fait connaitre grâce à sa poitrine généreuse (bonnet J *, 100% naturel). De leur coté, les sœurs, Airi et Meiri cumulent à eux deux, le fantasme basé sur l’inceste, le loliconisme (malgré qu’elle soit majeur), le fétichisme des costumes. Riko Tachibana par sa grande taille évoque pour certains otaku le complexe d’Œdipe. La quasi-totalité des actrices porno japonaises connues (Maria Ozawa, Cecil Fujisaki, Honoka, Aoi Sora, Yua Aida, Riko Tachibana…) ont réalisé du H-Cosplay (film porno basé sur du cosplay), des scènes olé olé en portant une tenu de maid, ou des orgies d’étudiantes. Une industrie particulière qui a attiré d’autres grands de la scène pornographique international tels que Lexi Belle, ou bien encore Michelle Wild (international Cosplay).
Naturellement, ce genre de fantasme ne concerne pas forcément les otaku, et concernera également des non otaku. Mais les codes exploités dans cette industrie, sont également les mêmes codes que d’autres séries de manga populaires.
Mais bon, petit hors sujet, la scène pornographique n’est pas si rose qu’on souhaite nous le montrer, et l’industrie porno japonaise est loin d’être exemplaire. Beaucoup d’actrices sont manipulés par les Yakuza suite à des problèmes financiers. Une autre partie des actrices japonaises ont connu dans le passé des viols, ou une enfance pédophiles (Sakura Sena par exemple qui cumule les 3…).

A gauche : Final Fuck X (H-Cosplay de Final fantasy X) |Au centre : Meath Note avec Maria Ozawa (il existe plusieurs films avec différentes actrices) |A droite : Tora Tora Platinum 37 avec Riko Tachibana
D’ailleurs, la proportion de film basée sur le viol au Japon est assez impressionnante contrairement à l’Occident. Je suis d’ailleurs assez étonné que l’Occident parte en guerre sur les jeux vidéo où l’on voit 3 bouts de seins, mais que ce genre de film totalement scandaleux soit ignoré (certains actrices comme Rin Aoki réalisent 80% de leur scène basé sur le viol…).
Autre point sombre, même si cela ne concerne pas la pornographie, ce sont les idoles adolescentes photographiées par des grands magazines dans des maillots de bain avec des poses osées (GTO traite de ce thème d’ailleurs par le biais du personnage de Toroko). Bien que légalement, elle ne pose pas nue (heureusement), cela entretient pour certains individus une perversion basée sur le loliconisme.
En dehors de la pornographie, il existe une industrie plus soft mais qui exploite une nouvelle fois l’image de la femme pour satisfaire les otaku. La plus connue est le maid café. Pour résumer brièvement, il s’agit d’un café où les serveuses sont déguisées en maid. A la différence de la majorité des cafés traditionnelles, les serveuses doivent en général appelé leur client « maitre », faire des mimic kawai, prendre des photo… Un métier loin d’être facile qui se termine parfois avec un harcèlement quotidien de certains clients…
La seconde industrie est tout simplement le rôle d’une « hôtesse de jeux vidéo ». Moyennent finance, une femme tiendra compagnie à un otaku afin de jouer aux jeux vidéo ensemble.
Dans les 2 cas, l’image des otaku n’est pas toujours bien perçue à cause d’une très mauvaise image médiatique, par le reste de la population. Même si on constate une amélioration des comportements sur cet aspect depuis quelques études sérieuses, et que certains phénomènes ont permis de changer les images.
- Au Japon, l’otaku est ultra spécialisé dans un domaine, les effets spéciaux, le comportement des personnages, un anime précis, l’armement, les idoles, technologie… Il sera incollable sur son domaine.
- En France, il y a 2 mouvements d’otaku. Tout d’abord, en France, l’otaku est forcement fan d’anime et de manga. Le premier groupe, plus nombreux, sont juste des personnes qui ont vu 2/3 animes (naruto, DBZ…) et un hentai, et s’autoproclame otaku. Leur connaissance sur le Japon ou les produits de la Japan Cool reste assez limité. Ils auront tendance à s’intéresser à des produits grand public.

A gauche, le phénomène qui explique le rejet des otaku au Japon, à droite, le rejet des otaku en France.
L’autre mouvement d’otaku, se rapproche un peu plus des otaku japonais, leur connaissance est assez grande sur les produits japonais (musique, anime, manga, jeux vidéo…) mais de manière plus généraliste que les otaku japonais.
Les otaku au Japon, sont mal perçus surtout à cause de cas isolé comme Miyazaki, d’un symbole d’échec parfois (malgré qu’il y a des otaku fortuné), et du manque de soin de leur apparence physique… En France, les gens font le parallèle dessiné animé = truc pour enfant, manga = truc avec de la violence et du sexe. Une antithèse qui a posé problème à l’époque du club Dorothée faisant râler les familles de France, certains politiciens (Ségolène Royale)… Il est vrai que diffusé Hokuto No Ken, et Très cher Frère pour les jeunes ne fut pas un choix judicieux. Après que le club Dorothée est stoppé, cette image est restée très longtemps présente dans les mémoires, et commence enfin à s’estomper à cause d’un retour de la mode manga.
Des cas extrêmes d’isolement d’otaku sont apparus, il y a peu de temps au Japon. C'est-à-dire que la personne évite tout contact humain, ceci durant pendant des mois ou des années. Il sort de sa chambre pour les besoins vitaux. Certains hikikomori sont même mort de cet enfermement. Au tout début, on les classait dans la catégorie des otaku, mais par la suite, le terme utilisé fut hikikomori. L’hikikomori n’est pas considéré comme un agoraphobe, car il y a quelques différences au niveau des symptômes.
La situation devient critique au Japon, d’après des estimations, 1 jeune sur 10 est un hikikomori, la majorité d'entre eux étant des fils ainés ayant un peu dépassé la vingtaine. L’état cherche des solutions à ce phénomène, mais se heurte à un énorme problème, car les hikikomori sont devenus ainsi, souvent à cause de la société elle-même, ce qui implique de faire d’énormes changements.
Les hikikomori sont à la base des personnes normales qui deviennent ainsi par la pression scolaire, familial, patronale… Même si je l’ai déjà dit pour les otaku plus haut. Un otaku n’est pas forcement touché par ces phénomènes, il peut être passionné sans avoir de problème, par contre, être hikikomori, signifie vraiment que l’on connaît des problèmes.
Malheureusement, pour eux, le cercle familial aide rarement ou alors de manière bien trop tardif. Un hikikomori est perçu comme une honte par la famille et souhaite donc pas l’ébruiter. De plus, il possède souvent un comportement violent qui ne l'aidera pas à avancer dans la société. Toutefois, certains d'entre eux gardent un minimum de sociabilité par le biais d'internet.
Après un portrait plutôt négatif (qui je le rappelle ne s’applique pas forcement à tout le monde), nous allons voir la principal force de l’otaku, la créativité par le biais de sa passion. L’otaku dispose d’un imaginaire en général plus développé que la moyenne du fait de son alimentation quotidienne de produit se basant sur un monde irréel. On remarquera que l’otaku exercera souvent dans ses loisirs des activités artistiques (dessin, musique, jeux vidéo, film, photographie…), et progressera très rapidement car souvent assez motivé. Ce phénomène est surtout visible au Japon, un peu moins au USA, et en France.
Cette créativité, cette soif de connaissance, le poussera à la faire partager ou à connaître d'autres produits similaire en passant/créant par des clubs, associations, forum, site, blog, mini studio…
Cette passion du manga est aussi le véhicule d’une certaine forme de respect, il suffit de se rendre compte que lorsqu’on observe les conventions, concerts… rares sont les incidents, débordements… La mode otaku est maintenant partagé par des millions d’individu créant ainsi sa propre forme de culture, pas toujours comprise par rapport au culture plus populaire.
Par contre, certains mouvements dénoncent les doujin qui exploitent des personnages de licences bien connu (ce qui doit représenter 95% de l'industrie de doujin).
Bref, si l'otaku exploite bien sa passion, elle peut être le vecteur d'une sociabilité, mais si il l'exploite mal, cette passion peut aussi être dévorante entrainant des problèmes sur le long terme. Tant que l'otaku reste conscient de la réalité, alors il n'y a pas de crainte pour sa vie futur.
Ce topic n'est pas complet car il ne traite pas de tous les aspect des passions des otaku (convention, cosplay...), ne parle pas de certains éléments comme Akihabara, les forum futaba channel, 2 chan... Mais on peut en parler sur ce topic ^^
* Les bonnets au Japon ne se mesurent pas de la même manière qu’en occident














